Cette nuit, aux manettes d’un ordi angoissant, sans doute préoccupé par des problèmes de coquelicot du côté de la carte mère, me suis une nouvelle fois goinfré de ces tranches de passé quelque peu faisandé, que mon cerveau délétère produit en abondance.
Au final, il y a plus d’échecs cuisants et de hontes ravalées que de victoires bien nettes! Maudite mémoire qui se fait fort de ne retenir que le passage des cumulus. Ils sont une tache disgracieuse dans le ciel du sentiment éperdu. Le « Je t’aime » est un « Ci-gît ». Mais ça, l’ai déjà écrit.
Des fois, la machinerie complexe qui me sert de boîte noire enregistre plus rien du vol du reptile quaternaire. C’est un peu comme si je survolais le triangle des Bermudes, la boussole grave affolée.
Au moment, l’obsession suprême est cyclique.
Ne le savais-je pas, à l’heure du départ, gonflé à bloc, des illusions de puceau plein les poches, le cheveu mustang?
Tombé du ventre de ma mère, en l’absence de tapis rouge, le premier soupir a pas voulu être le dernier. Dommage ou pas, m’en tamponne le coquillard ! Depuis, le combat est donquichottesque car il est question d’écrire au plus près de l’épiderme. La peau est la barrière infranchissable et sa musique soyeuse n’est jamais mensonge.
Dans cet abattoir qu’est le monde, la chair meurt énervée et sous la langue du gamin effronté, l’inventaire est loin d’être tendre. Alors la poésie, tu penses, qu’elle aille faire sa poulette ailleurs. Les fonctionnaires du verbe élèvent en batterie des mots inquiétants, dévitalisés et aseptisés, qui jamais ne fondent sous la langue.
Dans ce bordel, ce Barnum qu’est la société, le papillon a mal aux couleurs.
Il fait mal vivre, c’est comme ça, circulez y a rien à boire, l’énergie est trafiquée, un corbillard passe tous feux éteints et l’instant est noir.
Le sexe est une valeur marchande, c’est le bouziness, et la magie de l’opération, la pute décatie junkie qui a vendu son cul pour se payer sa dose, le sait trop bien, c’est tout dans l’imagination.
Viens mon coco, je vais t’en donner du tralala ! Dans l’alcôve, la musique est criarde. Moyennant un billet, le faux nu, via les mondes virtuels, t’invite à l’émission de sperme. Le sexe, ces jours, est bafoué car bien trop chirurgical à tendance sans sacré.
Nu vers, je fais la cour aux limaces, ici dans cet oasis de verdure, agréable à vivre quand même quand le soleil n’est plus chiche de ses rayons d’or.
Loin du zoo humain, si plein de ridicule et de babouins imposteurs, de lamas sans crachat, de rhinocéros sans corne et de dauphins sans liberté, il fait doux vivre.
Ici, dans cet écrin de silence, me remplume l’imaginaire. Chez moi, d’ailleurs, c’est vital, sinon gare à l’extinction des feux sacrés. Écouter du Miles Davis et penser que si j’ai plus le son, la bonne vibration, alors c’est bidon. Infoutu de jouer la moindre note. Un maudit concerto digital pour un keum à bout de souffle. Comme foudroyé par l’absurde.
Ah l’homme, tout de même, quel animal domestique, parfait quand il est regardé par sa satanée télé, bouffi par tant de confort. L’écran est si protecteur. Un soir de crise, la télé, elle a volé par la fenêtre. J’étais devenue une vraie pub. Même le petit écran éteint, elle frappait sourd à la porte de la mémoire, pour pas que je me trompe de marque, une fois le nez dehors. C’est ça une bonne pub. Une qui t’accroche, qui te rende dépendant comme avec la dope. Une époque formidable, on vous dit.
Il faudra que je pense très bientôt à changer de panoplie. Troquer celle du faiseur de vent contre une plus à mon goût, qui a bien changé ces derniers temps, en plus néfaste, c’est la vie, une panoplie de cavalier de l’apocalypse, c’est sûr, m’ira comme un gant.
On m’a vu, pas vu ? M’en fous, je veux être senti, dans l’intertexte, là où les parallèles décideront, un beau jour de désir en fleur, de s’embrasser manu militari, histoire de refaire fissa le monde.
Nu vers, en proie au magnétisme, cette fois, c’est à la plante verte que je m’adresse. Toi qui roule mon âme dans un tendre pansement quand icelle à tout qui déconne, toi qui accompagne la trajectoire bicéphale du dinosaure de la beat attitude, toi qui sait le chant des volutes qui montent au ciel, toi ma bien roulée, viens que je te respire les tendres parfums et dessinent, dans l’atmosphère tao qui est mienne, une danse de sabbat de la mille et deuxième nuit.
Ici, c’est un peu la vie sans rêve des anges. Alors, l’artifice fait office d’ascenseur forcément. Il s’agit de mettre à la voile et dare-dare. D’embarquer pour des mers lointaines. Vers la mer de ouate.
En attendant, le couplet rasoir des hygiénistes refait surface, au détour d’une phrase mal troussée par un auteur en mal de terre, c’est pure illusion, je sais, je sais, la litanie du c’est pas bien, je connais, je connais.
La santé qui va chancelante et tout le toutim, la barbe, c’est gavant à la fin. Le mode d’emploi de la vie ou le livre des recettes magiques, qui en est l’heureux possesseur. Le premier qui a le bons sens, le deale à l’autre, d’acc.
La vie, ça se prend en pleine gueule comme un train lancé à toute vapeur, un train qui viande l’égaré dans la nuit métallique. Quant aux angoisses du fils électrique, insatiables elles sont. Et pour l’oubli de soi, dans la grande pharmacopée qui est mienne, y’a le tétrahydrocannabinol. Je sais trop bien foutredieu que la fumette agit comme un tue la volonté. Demain j’arrête. C’est ma béquille, c’est comme ça depuis la première taffe et, à pleins poumons, NTM l’a chanté, « passe, passe le oinj y’a du monde sur la corde à linge ». En l’absence de la sorcière, je redeviens le dernier des hommes.
La ronde des cœurs brûlés fait un méchant bruit dans le corridor. C’est et c’est pas du cinéma. C’est comme ça. Depuis la nuit des temps. Tant que le nimbe de l’inconnaissance mutuelle habille le couple, c’est encore jouable. C’est après que ça se gâte, quand il est l’heure de la devinette.
Dis, chérie, tu crois que mon sexe est une odalisque ? Et le tien, quand tu m’en donnes le sésame, tu crois qu’y pénétrer c’est comme visiter le Taj Mahal ?
Le mien de cœur, cette nuit, avec cette plaie béante fille du silence qui le traverse, il est décidément pas regardable.
3 commentaires:
On mettrait bien un saxophone derrière, des volutes de fumée. Comme une chanson de Nougaro. :-)
C'est exactement ça!
Enigmatique cet Ecriture Silex. Ses variations musicales sont des bonbons pour la belle langue. HHHHUUUUMMMMM.
Anonyme.
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