Réviser ses classiques (6)


Certains ont naturellement le don du dessin ou du bricolage, elle a celui de la grâce, de la souplesse, de l'équilibre, elle danse sans toucher terre, son corps ne pèse que quelques grammes, ses bras et ses jambes semblent aussi légers que ses cheveux, elle flotte en musique - elle n'est plus un être humain mais un mouvement, elle tourne, elle ondule, elle glisse, elle s'élève, elle vacille, elle chavire, elle bascule, frappe du pied et secoue la tête. Elle ne danse pas sur quelques mètres carrés de moquette, elle occupe tout le bar, de la porte d'entrée au mur du fond, du sol au plafond. Près du juke-box, sa silhouette instable rayonne, diffuse du mouvement dans l'espace, se propage comme la musique dans la salle toute entière, la salle qui semble emplie de sa légèreté, de son énergie et de sa faiblesse.


Philippe Jaenada, Néfertiti dans un champ de canne à sucre (Julliard)

5 commentaires:

frédérique a dit…

ce livre est extraordinaire. je ne l'ai pas DU TOUT aimé, mais je ne peux que reconnaitre le talent de Philippe Jaenada, qui m'a retourné l'estomac durant la lecture...

A.D. a dit…

> Frédérique : Juste l'estomac? pas le coeur? Et tu t'es pas mis à chercher les lapins dans les romans après ça?

Damien a dit…

Je suis vraiment un amateur des livres de Jaenada, du Chameau Sauvage à Vie et Mort...mais j'ai du mal avec celui-là.

A.D. a dit…

> Damien : Qu'est-ce qui te gêne dans Néfertiti? J'aimerais bien savoir... C'est vrai qu'il est un peu à part dans l'oeuvre de Ph. Jaenada... En tout cas bienvenue!

Damien a dit…

Je n'ai pas d'explication rationelle. Je crois qu'il m'a fatigué assez vite.