La vie, quelle blague

Tristan Poque promène sur le monde son pessimisme désinvolte. Avec ironie, sans grand enthousiasme, il subit les assauts de la vie, les plus légers comme les plus insensés. Dans La chute du sac en plastique, Poque, écrivain sans le sou, rachetait (puis volait) des exemplaires de son premier roman, histoire de remplir un dossier de bourse d’écrivain. Il subtilisait des paillassons, aussi. De menus larcins en rendez-vous manqués, il sentait bien que le quotidien lui échappait, mais haussait doucement les épaules. Dans Voyager léger, deuxième opus des aventures de Poque, le voilà auteur de roman de gare, sous divers pseudonymes. Les éditeurs de ses deux romans l’ont exhorté à ne pas poursuivre dans la voie de la littérature « sérieuse » (l’invitant, entre deux insultes dont la violence reste inversement proportionnelle au maigre chiffre de vente, à relire quelques classiques), alors Tristan Poque (ou Jorge Bachmann, ou Samuel T. Elliot, ou Achille McOnzo) écrit des livres alimentaires. Puis se met à lire des manuscrits pour le compte d’un obscur éditeur, manuscrits qui bientôt parasitent son propre travail. Le regard de Tristan Poque est toujours aussi amusé, son attitude toujours aussi désinvolte. La vie, elle, lui glisse toujours entre les doigts – et les filles aussi, du reste. Mais Poque s’en moque. Il préférera toujours se faire conduire à mille lieux de chez lui par une carte accrochée à un ballon, plutôt que de prendre l’existence au sérieux.

Julien Bouissoux, La chute du sac en plastique (le Rouergue - 2003) / Voyager léger (L’Olivier, 2008)

2 commentaires:

Tietie007 a dit…

Merci pour le compte-rendu !
http://tietie007.over-blog.com

A.D. a dit…

... En espérant qu'il vous a donné envie de lire Julien Bouissoux...
... Et bienvenue!