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Apoplexe

[si si, le mot existe... maintenant]

smileyVas-y mon gars, fais bien semblant. Fais toi plaisir, dévore tout ce que tu crois par les deux bouts, cale les toi bien au fond du bec, déglutis un max, avale, et étouffe-toi avec. Ta vérité est superbe, ta rationalité affleure, tu sens bon de partout, et tu vis comme un joli goret, paisible, noyé dans sa propre fange. Tu parles, tu parles imbécile, tu assènes des vérités à tour de bras, tu es intouchable parce que tu sais te préserver, de tous les côtés, avaler des couleuvres en les appelant par leur prénom, te mentir des heures en tapant le rythme de tes pieds. Te mentir des heures au nom de ton n'importe-quoi propre. Tu seras superbe, mon fils, tu l'es presque déjà - encore un peu plus d'indigence, encore une once de mensonge, et tu seras vraiment parfait. Translucide comme un verre, abandonné sur le coin d'une table. Tu ne prends rien au sérieux, ou alors tellement peu - mieux encore, tu sais ce que tu peux qualifier de sérieux, et ce que tu dois dénigrer. Quoi que tu en penses vraiment.

Tu sais toujours quand tourner, quand amorcer le virage, quand l'anticiper, le sentir entre tes doigts juste avant qu'il ne s'annonce. Tu tournes, la courbe est parfaite. Et bang. Peu importe, tu continues. Ta voiture est en lambeaux mais il te reste une jambe. Tu sautilles des kilomètres durant, fier de ta puissance, de ta détente, de ton invulnérabilité. Et bang. Le caniveau est frais, aussi, et la rigole d'eau sale te rafraichit le visage, après tout. Tu t'endors paisible, fort de ta puissance. Imbécile.

Tout va bien, bordel. Tu te sens en forme, même si tu ne l'es pas.
L'avenir t'appartient, même s'il est boiteux.
Ta puissance résonne entre tes oreilles, tu es génial, tu ne l'oublies pas.
Mieux encore, tu le sais. Indéfectiblement.
Et bang.

Tout roule tranquille, tu écrases les dangers d'un seul coup de talon,
Comme une bâche de plastique, noyée dans un canal,
Tu écrases la chose mine de rien, les dangers se noient tous, au même moment,
Ton avenir agonise, mais ton talon tient bon.
Et bang.

Tu sais bien parler, fiston, tu sais bien dériver, tu sais bien,
toujours, te plaquer au sol, hurlant que le tapis de bombes ne sera pas ton linceul,
Tu sais bien parfois, glisser entre les balles, onduler du bassin face au danger,
Te lancer dans une danse solitaire quand seule la fin du monde tourbillonne sur la piste.
Et bang.

Tu sais dévier, toujours, ce qui pourrait te mettre à terre,
L'éviter d'une boutade, d'une pirouette, d'un écart,
Sourire à l'humiliation, saluer la névrose
comme une vieille amie, rivée pour toujours, à ta perfection.
Et bang.

Encaisser ? Ton quotidien. Digérer ? Ton futur.
Parodier, psalmodier, tergiverser. Ton toujours.
Te complaire, l'ingérable digérer. Ton quotidien.
Ricaner, ta bêtise. Accepter, ta faiblesse.
Et bang.

Ton avenir est devant toi. Ton passé juste derrière.
Ou l'inverse.
Et bang.

Imbécile.

(Pardon, ArnaudDudek - je n'aime pas placer mes textes en doublon, et là il est aussi sur Strictement Confidentiel. Mais depuis le temps que je te délaisse, et dans la mesure où je l'ai écrit sans savoir sur lequel des deux sites j'allais le mettre... je me suis permis. Excuse-moi cette facilité un peu morveuse. Tu n'as qu'un mot à dire et il disparaîtra.)

Libellés :

Je l'ai lu trois fois, c'est dire si j'ai aimé.
Et donc, tu as bien fait de te permettre.
Il est très bien ici, aussi.
Merci.

Non, en fait c'est très con.
Mais je l'ai vraiment écrit en pensant aux deux sites. Je m'explique : en général, j'aime bien dissocier les trucs. Et pour celui-là, comme pour "Retour aux sources, encore", je n'ai pas réussi (et mon histoire est vraiment passionnante, c'est vrai.)
Il faut que je travaille mieux ma dissociation schizophrène (ce qui est sans doute une redondance, d'ailleurs, j'imagine, enfin bon.)

Et merci trois fois, ArnaudDudekArnaudDudekArnaudDudek.

Comment ça se passe, alors, cet été ? Le site ferme ses portes un mois ?

Pour la dissociation schizophrène : un bouquin d'Emile Ajar, un suppo et au lit.

Pour le site, nan, finalement, on restera ouvert tout l'été, contrairement au Flore et à mon libraire. Je garantis pas de publier toutes les semaines en août, déménagement oblige, mais je compte sur les autres (eh oh, y a quelqu'un???). Pis j'ai reçu le texte sympa d'un potentiel nouveau membre de l'équipe, j'espère que ça va faire boule de neige malgré la chaleur.
On fera quand-même un billet-compil, un de ces quatre.

(et pour le livre du billet juste en dessous, tu as jeté un oeil?)

Ajar, Ajar, oui.

Cool pour le site, vraiment.

Pour le livre, oui, j'ai regardé, mais pas encore à fond (ce qui ne veut rien dire, c'est vrai aussi). Mais j'ai été un peu bousculé ces derniers temps. Je m'y mets.

Mmmm dites-moi, vous avez pour principe de ne pas publier de textes qui sont publiés ailleurs d'habitude ou c'est juste toi Franswa qui essayes de trier ainsi ta tête ?

J'aime beaucoup, beaucoup ton texte, par ailleurs.

Salut Solveig.

Non, en fait, je crois qu'il n'y a pas vraiment d'impératifs. ArnaudDudek te le confirmera sans doute, mais je ne crois pas qu'il y ait d'impératifs, donc (et non, je ne me répète pas du tout).

Et en fait, même si la phrase sonne un peu bizarre, non, c'est bien moi qui essaie de trier ma tête (mon dieu, mais ça doit faire mal, ça, docteur.)

Et merci pour le compliment !

Oui, Franswa, je confirme, il n'y a pas vraiment d'impératifs. Si la qualité est au rdv, alors...

Cet " Apoplexe " me laisse sans voix. Bravo, Monsieur P

Merci, Charlingalls !

J'aime ton texte, mec.

Et ben merci, mec !
(T'es qui, t'es qui, t'es qui ?)

Here we are, le billet bestoffe est dans la place.

J'aime beaucoup. Et puis c'est joyeux, tu te le prends pas du tout dans la gueule...

Oh ben oui.
J'ai tenu à faire quelque chose de sympatoche, avant tout...

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